Le loup : bête féroce ou frère canin ?

Admiré ou méprisé, le loup divise !

Dans le monde des chiens, il y a un lien ancestral qui résonne intensément : celui avec leurs ancêtres prestigieux, les loups.

Figure emblématique de la faune sauvage, le loup fascine et intrigue depuis des siècles.
Au-delà des perceptions souvent négatives que l’on a de lui, il joue un rôle crucial dans l’équilibre
des écosystèmes et incarne le courage, la liberté, la loyauté et l’esprit de meute.

Cet article t’invite à plonger dans leur univers mystérieux et à découvrir les racines profondes de nos fidèles amis les chiens, dont les comportements sont aujourd’hui encore façonnés par ce lien profond qui remonte
à des milliers d’années.

1. Qui est l'ancêtre prestigieux de nos chiens ?

Le loup gris, dont le nom scientifique est canis lupus,
est un mammifère carnivore appartenant au genre canis
et à la famille des canidés.

Le canis lupus comprend plusieurs sous-espèces, comme
par exemple le chien (canis lupus familiaris), le dingo (canis lupus dingo) ou encore le loup arctique (canis lupus arctos).
Le chacal (canis aureus) ne fait pas partie de cette sous-espèce.

Photo d'une tête de loup gris
Tête d'un magnifique loup gris

2* Connaître le loup

Le loup est un animal territorial, à la morphologie puissante et élancée.
Sa force se trouve principalement au niveau de la tête (avec un museau allongé et arrondi), du cou très musclé, des épaules
et du poitrail.

Son poids, sa taille, mais aussi son pelage (densité, couleur) sont différents selon son âge, son espèce ; mais varient également
selon l’endroit du globe où il évolue.

Le loup est un prédateur, vivant principalement en meute (groupe familial essentiellement), dirigée par le couple dominant,
le mâle et la femelle « alpha » (le terme « alpha » a été utilisé pour la première fois en 1947 par Rudolf Schenkel).
Ce couple dominant démontre un leadership fort et un sens de la responsabilité envers la meute.
Il bénéficie de privilèges, tels que le droit à la reproduction ou l’accès prioritaire à la nourriture.

La hiérarchie, le jeu et la solidarité constituent une structure sociale très élaborée et permettent ainsi de maintenir la cohésion
du groupe, d’en augmenter la survie et de faciliter la reproduction.

Photo d'un loup gris de profil
Loup gris dans la neige

La femelle de l’espèce se nomme la louve et le « petit » est couramment appelé « louveteau », mais il existe en fait différentes
façons de le nommer selon son âge.

La période de gestation dure entre 62 et 75 jours.

Les petits naissent généralement dans une tanière et pèsent environ 500 grammes.
Ils ne voient pas et n’entendent pas et seront sevrés à peu près à six semaines.

Les membres adultes de la meute avalent de la viande et la ramènent dans la tanière pour leurs petits.
Une fois que les adultes ont régurgité la nourriture, les chiots ont un repas copieux.

Photo d'un loup ou d'une louve et de trois louveteaux
Loup/louve et trois louveteaux

Etant un animal carnivore, le loup chasse différents types de proies pour se nourrir.

Cela va de grosses proies comme les ongulés (sanglier, bœuf musqué, chevreuil, renne, wapitis, élans, etc… en fonction
de son lieu de vie), aux petites proies comme les lapins et les petits rongeurs ; mais aussi parfois de charognes, de saumons,
de baies ou encore de champignons.

Le loup gris est réparti un peu partout dans le globe, entre les différents continents : on le trouve notamment dans l’Europe centrale, l’Amérique centrale et du nord, l’Asie et l’Afrique du Nord.

Au cours de ses déplacements, il a développé plusieurs sous-espèces selon les territoires occupés.

Photo de trois loups dans la neige
Magnifiques loups dans la neige

En France, avant qu’il ne soit pratiquement exterminé, le loup était présent dans un grand nombre de biotopes (forêts, plaines
et montagnes).

Le 05 novembre 1992 : c’est la date officielle de son retour en France. Deux loups sont aperçus dans le parc national
du Mercantour, dans les Alpes-Maritimes. Sa réintroduction naturelle est enclenchée.

3* Ses principales qualités

Le loup a de nombreuses qualités, parmi lesquelles je peux citer :

Des qualités physiques :

  •  Son odorat : il est très développé et lui permet de sentir la piste
     fraîche d’une proie à plusieurs kilomètres.

             Néanmoins, cet odorat reste moins développé que certains
             chiens de chasse, comme le Saint-Hubert par exemple,
             dont les talents olfactifs sont utilisés en pistage.

             L’odorat est aussi utilisé pour la lecture du territoire
             (signalisation par miction, défécation ou grattage du sol)
             ou bien encore pour savoir l’état d’un membre de la meute
             (femelles en période de reproduction).

Photo d'un chien de race Saint-Hubert et d'un loup
  •  Son ouïe fine : les loups ont une gamme d’audition étendue qui couvre à la fois les hautes fréquences (ultrasons)
     et les basses  fréquences, auxquelles ils sont particulièrement sensibles, leur permettant ainsi de détecter les vibrations
     du sol ou d’entendre les hurlements de loups à une grande distance, parfois jusqu’à plusieurs kilomètres.
     
     Le spectre des sons auxquels les loups sont réceptifs est donc très large.
Photo d'un lycaon et d'un loup
  •  Son endurance : il peut parcourir une moyenne de 60 km
     par jour.

             Ses pattes longues et fines sont un précieux atout,
             lui permettant de parcourir de longues distances
             et de progresser dans la neige sans difficulté.

             C’est le carnivore terrestre le plus endurant à la course,
             avec son cousin africain, le lycaon, que j’ai rencontré
             avec ma fille au Kenya.

             Sa vitesse de croisière est d’environ 10 km/heure, mais il peut
             rapidement atteindre la vitesse de 50 à 60 km/heure.

  •  Sa puissance : les loups sont dotés d’une mâchoire et de muscles puissants.
     La puissance de sa mâchoire est impressionnante et peut exercer une pression de 150 kg/cm².

     Le fait qu’ils vivent en meute leur confère également une puissance collective.

Des qualités comportementales :

  •  Son intelligence : les loups sont des animaux très intelligents.
     Ils ont développé des stratégies de chasse complexes et ont
     des comportements sociaux élaborés.

  •  Son sens de la famille et sa fidélité : ils sont connus pour
     leur attachement à leur meute et leur loyauté envers
     leurs  compagnons.
     Leurs liens sociaux sont forts ; ils prennent soin les uns
     des autres et assurent le bien-être de la meute dans son
     ensemble.

  •  Son adaptabilité : les loups sont capables de s’adapter
     à différents habitats et conditions environnementales.
     Ils peuvent modifier leur comportement en fonction
     des situations et peuvent interagir efficacement
     avec d’autres groupes de loups ou d’espèces animales.

  •  Sa persévérance et sa patience : les loups assurent
     coûte que coûte la protection de la meute, même face
     à des défis difficiles.
     Ils peuvent faire preuve de patience dans leur quête
     de nourriture et lors de la chasse.
Photo d'ours et de loups ensemble
Présence simultanée d'ours et de loups (Photo : Daniel Stahler)

4* Un expert en communication

Comme chez les chiens, la communication joue un rôle essentiel dans la vie des loups, qui utilisent différents moyens
pour communiquer entre eux :

Photo de deux loups se montrant les crocs
Communication corporelle faciale
Photo de trois loups hurlant
Faire entendre sa voix : loups hurlant
Photo d'un loup flairant le sol
Prise d'informations en flairant le sol
  •  Communication posturale :

            Cette communication corporelle
            fait intervenir plusieurs types
            d’expressions : faciale (yeux, oreilles,
            bouche, lèvres), érection des poils,
            position de la queue, posture
            du corps, etc…

            Il est préférable de ne pas chercher
            un loup avec une allure dressée
            et  des poils hérissés.

  •  Communication auditive :

             Le hurlement est un moyen
             de communication répandu
             pour communiquer.

             Il existe d’autres vocalisations
             comme les gémissements,
             les grognements, les jappements,
             les aboiements, etc…

             Les fréquences vocales sont
             différentes suivant les individus.

  •  Communication olfactive :

             Le loup est doté d’un odorat
             très développé lui permettant
             de savoir, par exemple,
             si le territoire est occupé
              par une autre meute, notamment
              à travers l’odeur d’urines dans
              certaines zones (marquage
              de territoire).

              Mais aussi à informer sur l’état
              des membres de la meute,
               notamment les femelles lors
               de la période de reproduction).

5* Régulateur, vrai ou faux ?

En tant que prédateurs de sommet, les loups aident à contrôler les populations d’herbivores et jouent un rôle crucial
dans le maintien de l’équilibre des écosystèmes et l’harmonie de la nature.
Leur rôle est donc essentiel dans le maintien de l’équilibre écologique et dans la préservation de la biodiversité.

Dans le parc de Yellowstone, aux Etats-Unis, l’histoire des loups montre l’impact écologique positif du loup, dispersant
les ongulés qui ont tendance à surpâturer certaines espèces d’arbres et de végétaux bordant les cours d’eau (ripisylves),
stabilisant les populations de cervidés qui mangent les jeunes pousses et arbustes et diminuant les populations de coyotes
au profit de petits mammifères.

Photo d'une meute de loups prise dans le parce de Yellowstone
Parc de Yellowstone : l'équilibre retrouvé grâce aux loups (Photo : Doug Smith)

En Mongolie, jusque dans les années 1950, le loup servait à assurer la pérennité de la steppe. Leur prédation sur les gazelles,
les marmottes voire les rats en évitait la désertification.

En France et en Suisse, l’abondance de cervidés empêche la régénération des jeunes arbres et favorise le compactage des sols
en forêt.

La dégradation de la végétation des sous-bois a un impact important sur la biodiversité. La prédation, par les loups en particulier, régule le nombre de cervidés et les oblige à limiter et/ou sélectionner les végétaux qu’ils mangent et contraint leurs lieux de vie
à des espaces hors des forêts où la prédation est moins risquée.

6* Mythes et légendes VS réalité

Les loups ont toujours fasciné l’espèce humaine et depuis tous temps, on les retrouve dans des domaines comme la littérature, la sculpture, la peinture, mais également la religion.

En effet, dans de nombreuses cultures autochtones, le loup
est considéré comme un animal sacré. Par exemple,
les Amérindiens le considèrent comme un guide spirituel
et lui accordent une grande importance dans leurs croyances
et leurs rituels.

Dans le christianisme, il peut être symbole du mal
et de la tentation ou à l’inverse symbole de la loyauté
et de la protection.

La mythologie gréco-romaine donne une image positive
de cet animal, avec la louve qui allaita Rémus et Romulus.

Photo d'une sculpture de la louve allaitant Rémus et Romulus
Sculpture de la louve allaitant Rémus et Romulus
Photo d'une sculpture de la bête du Gévaudan blessée par une jeune fille
Sculpture visible au cimetière d'Auvers en France et représentant la lutte entre la bête du Gévaudan et une jeune fille, Marie-Jeanne Valet, en août 1765

Vénéré ou détesté, le loup a fait l’objet de beaucoup
de fausses croyances et de malentendus,
renvoyant aux peurs de l’humain.

Par conséquent, il a inspiré de nombreux mythes et légendes, de contes et d’histoires, parfois racontés aux plus jeunes enfants.

Qui n’a pas entendu parler de la Bête du Gévaudan ou du loup-garou ? Ou encore du grand méchant loup dans le Petit Chaperon Rouge, du loup dans la Chèvre de Monsieur Seguin
ou de celui des Trois Petits Cochons ?
Comment voulez-vous ensuite que la peur du loup ne soit pas présente chez la plupart des gens ?

S’il est vrai qu’à certaines périodes de l’histoire, le loup a pu constituer une menace (période de famine, de guerre, etc…
où les cadavres non enterrés attiraient les loups), celle-ci
a toujours été surévaluée.

La chasse au loup ayant marqué son caractère, il aura tendance à être craintif et méfiant vis-à-vis de l’homme.

Il est d’ailleurs bon de noter que depuis son retour en France au début des années 1990, aucune attaque crédible de loup libre
et sauvage sur l’homme n’est à signaler.
Pour approfondir le sujet des rencontres hommes-loups, de 1993 à 2020 en France, tu peux lire cette synthèse de l’OFB
(Office Français de la Biodiversité) :

7* Pour aller plus loin

Le loup gris est ainsi l’un des animaux sauvages les plus connus et les plus étudiés au monde, avec probablement plus de livres écrits à son sujet que pour toute autre espèce sauvage.

J’ai lu beaucoup de livres sur les loups, si cela t’intéresse, je t’en recommande quelques uns :

Photo couverture du livre Un homme parmi les loups titre et photo de Shaun Ellis avec un loup

Lien Amazon ou le libraire de ton quartier

Photo couverture du livre La sagesse des loups titre et photo d'une tête de loup

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Photo couverture du livre Variations sauvages titre et photo d'Hélène Grimaud avec trois loups (on ne voit que leur tête) qui la sentent

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Photo couverture du livre Loups un mythe vivant titre et photo de deux loups

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Photo couverture du livre Loup titre et photo d'un jeune homme qui caresse un loup

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De nombreux reportages et films sont également à visionner, dont :

  • « La vallée des loups » – « Marche avec les loups » – « Vivre avec les loups », les très beaux films de Jean-Michel Bertrand ;
  • « Le pacte des loups » de Christophe Gans ;
  • « Danse avec les loups » de Kevin Costner ;
  • « Loup » de Nicolas Vanier.

Malgré sa protection par la Convention de Berne de 1979, le loup est toujours injustement pourchassé.

Il existe des associations comme Ferus, Animal Cross, le collectif CAP Loup ou bien encore les ONG ASPAS et WWF qui, heureusement, le défendent.
N’hésite pas à visiter leur site et à les soutenir si tu le souhaites.

Conclusion

Non, les loups ne sont pas des bêtes féroces assoiffées de sang, ils ne sont ni des tueurs d’enfants,
ni maléfiques ; mais bien des prédateurs nécessaires à l’équilibre de l’écosystème.
Il est grand temps d’arrêter de crier au loup et de cohabiter avec lui !

Les loups ont beaucoup à nous enseigner sur la résilience, l’adaptabilité et la nécessité de préserver
la diversité des espèces et l’équilibre naturel de notre planète.
Ils incarnent la connexion entre l’homme et la nature ; ils méritent notre respect et notre admiration.

J’espère que cet article t’aura permis de découvrir des aspects fascinants de leur vie et leur rôle essentiel
dans notre monde.
Je pense sincèrement qu’ils méritent d’être protégés pour les générations futures.

Personnellement, j’ai un attachement tout particulier pour ce magnifique animal, qui est mon animal totem.

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